Des chemins développementaux différents vers des cellules pigmentaires semblables
Une nouvelle étude du laboratoire Milinkovitch-Tzika par Pierre-Yves Helleboid et Athanasia C. Tzika, publiée dans Nature Communications, examine comment les cellules productrices de pigment — les chromatophores — se différencient durant le développement embryonnaire des reptiles. En utilisant des analyses d'expression génique à l'échelle unicellulaire, les chercheurs ont suivi le développement des chromatophores chez deux reptiles éloignés sur le plan évolutif : le serpent des blés (Pantherophis guttatus) et le dragon barbu (Pogona vitticeps).
L'équipe a identifié les trois types canoniques de chromatophores — mélanophores, xanthophores et iridophores — chez les deux espèces. Chez le dragon barbu, cependant, ils ont également découvert des sous-types de chromatophores auparavant non décrits qui expriment simultanément des marqueurs de cellules progénitrices et matures et pourraient contribuer à l'établissement du motif de couleur de la peau embryonnaire.
La comparaison de ces trajectoires développementales avec celles des poissons et amphibiens a révélé un schéma évolutif intrigant : les cellules pigmentaires matures sont remarquablement similaires entre les espèces, reflétant leurs fonctions partagées, tandis que leurs progéniteurs peuvent s'appuyer sur des programmes transcriptionnels sensiblement différents. Autrement dit, l'évolution peut modifier la voie développementale tout en préservant une destination cellulaire similaire.
Ces résultats soulignent à la fois la conservation et la flexibilité évolutive des mécanismes qui génèrent la diversité des types cellulaires chez les vertébrés, tout en apportant de nouvelles perspectives sur la diversification spectaculaire des colorations reptiliennes.
Article original
Conserved and lineage-specific mechanisms drive chromatophore differentiation in reptiles
Pierre-Yves Helleboid & Athanasia C. Tzika
Nature Communications 17, 8368 (2026).